Publié par yves.cazorla.over-blog.com

Gard rhodanien : les élus sortent leur fiches de paie

 

La République sait encore se montrer généreuse...

La République sait encore se montrer généreuse... ( FRANCOISE TALLIEU)

 

 

"L'idéal c'est mourir pour ses idées, la politique c'est d'en vivre". Sans prendre cette boutade de Péguy au sérieux, on a quand même demandé à des élus combien ils gagnaient par mois.

La question est pourtant simple : "Combien gagnez-vous ? " Après quelques semaines à relancer ces élus de premier rang dans le Gard rhodanien, certains ont enfin accepté de répondre. D'autres, bizarrement, sont restés flous autour des sommes empochées dans le cadre de leurs divers mandats  - tous à plein temps - d'homme politique. Un petit tour d'horizon réservant de sacrées surprises.

 

L’initiative il y a quelques jours, du maire de Lirac baissant ses indemnités de maire de 20 % (180 € mensuels sur 1 100 €) au prétexte que les "élus doivent montrer l’exemple", a remis sur la table la rémunération des politiques, objet de fantasmes et sujet souvent tabou.

Découvrez le montant du salaire actuel de Fabrice Verdier, Jean-Christian Rey et Alexandre Pissas. Ce dernier taxant volontiers les premiers d’apparatchiks, lesquels le renvoient à l’image d’un notable de la IVe République.

  • Fabrice Verdier, député du Gard : 7 289 € nets

Fabrice Verdier a renoncé complètement à ses indemnités de maire de Fons-sur-Lussan, reversant une partie à ses adjoints (140 € chacun par mois) et une autre partie (200 €) au budget communal. Ayant abandonné la présidence de la communauté de communes du Grand Lussan, il n’a pas brigué de vice-présidence à la communauté de communes Terre d’Uzès. Il a également quitté volontairement une vice-présidence à la Région, tout en restant conseiller régional de base. Une fonction assortie de 1 870 € nets mensuels.

Député, il doit soutenir son parti

Député, il se doit de soutenir financièrement tous les mois son parti : il verse 1 230 € à différentes instances du PS. Sans compter l’indemnité représentative de frais de mandat (6 100 € nets) et les 9 000 € environ destinés à rémunérer ses collaborateurs. Comme tous ses collègues députés, Fabrice Verdier perçoit 7 289 € nets. "Les 7 289 € que je touche sont assujettis à l’impôt", indique-t-il.

Peu ou prou la même mayonnaise pour Patrice Prat

Outre 1 800 € nets à la mairie de Laudun, c’est peu ou prou la même chose pour Patrice Prat, son collègue et camarade socialiste du Palais Bourbon.

  • Jean-Christian Rey : 5 329 € bruts maximum 

Jean-Christian Rey, à la tête de l’agglomération du Gard rhodanien, perçoit 3 421 € bruts (il pourrait légalement obtenir 4 181 € bruts, précise Jérôme Talon, son directeur de cabinet), à l’arrivée cela représente 2 297, 34 € nets.

Maire et vice-président de Région

En tant que maire de Bagnols, ses émoluments sont de 1 514, 52 € nets, selon son service de communication, et de 1 517, 53 € nets au conseil régional. Si ce n’est que Jean-Christian Rey est vice-président depuis vendredi dernier, au 1er mars prochain, il sera donc augmenté d’environ 700 € et gagnera 2 200 € nets... de cette même collectivité. Toutes charges fiscales réduites, cela donne un total de 5 329,40 € nets, toujours d’après ses services, lesquels confirment ce que son directeur de cabinet communique : Jean-Christian Rey est écrêté.

Quel écrêtement ?

Effet curieux de la crise ou indexation sur le chiffre de croissance ? Toujours est-il que les revenus d’un élu français écrêté, quels que soient le nombre de ses mandats ou des fonctions qu’il exerce (les mandats intercommunaux ne sont pas pris en compte), sont plafonnés à une fois et demi l’indemnité d’un parlementaire : soit... 8 231 € bruts, 7 500 € nets. Allez comprendre.
Jérôme Talon, beaucoup plus prolixe dès qu’il s’agit d’Alexandre Pissas, estime la fiche de paie de celui-ci à l’hôpital de Bagnols, (pourtant privée) à 15 000 € par mois.

  • Alexandre Pissas : 3 200 € nets

15 000 € ? "C’est beaucoup moins que la moitié de ce qu’ils prétendent", répond Alexandre Pissas rappelant à ses contempteurs que lui mérite ce qu’il gagne : "Je suis bac + 14. Chirurgien, je viens d’être renouvelé chef de service. La fonction d’élu ne m’a pas rapporté 1 € de plus dans mon activité professionnelle. Au contraire, elle a réduit mon salaire, puisque j’ai logiquement ralenti mon activité." Celui qui se présente comme "un citoyen normal", déclare 1 100 € nets à la mairie de Tresques, 1 200 € au conseil général, auxquels il convient d’ajouter 900 € au Sdis. Enfin, il indique qu’il ne recourt à aucune astuce pour embellir le quotidien : "Je ne siège dans aucun syndicat intercommunal, pas plus au Scot qu’aux ordures ménagères".


Siéger plus pour gagner plus. Remaniée à la sauce politique, la formule sarkozyste fait des émules chez les élus de tous bords, collectionneurs d’écharpes tricolores (source midi libre 15/02/2013).

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