Publié par yves.cazorla.over-blog.com

Le Maire n'a pas joué son rôle et n'a pas répondu aux sollicitations de l'opposition qui souhaitait connaitre les orientations budgétaires pour 2014

Le Maire n'a pas joué son rôle et n'a pas répondu aux sollicitations de l'opposition qui souhaitait connaitre les orientations budgétaires pour 2014

Le débat d'orientation budgétaire a eu lieu le 18 avril 2014 à la médiathèque Pierre HERAUD avec le nouveau conseil municipal.

On notera que le nouveau Maire n'a pas été en mesure de répondre aux questions de notre groupe.

En effet, Philippe PECOUT en bout de table a ouvert le conseil municipal et a lu mot pour mot la note de synthèse préparée par les services municipaux que nous avions reçu quelques jours plus tôt en même temps que la convocation. Pas plus ni moins.

Il a ensuite demandé s'il y avait des commentaires et j'ai fait quelques remarques dans sa direction.

C'est Patrice PRAT, en nouveau conseiller municipal, assis en face de moi, qui a pris la parole non pas pour répondre aux questions que j'avais posées mais pour poser les siennes comme à son habitude quand il ne sait pas répondre ou qu'il veut gagner du temps.

Il a été ensuite très difficile de lui couper la parole et ce n'est pas faute d'avoir essayer mais il n'y avait personne pour arbitrer les débats ou tout du moins pour arreter Patrice PRAT qui monopolisait la parole. Le Maire est pourtant chargé de la police de l'assemblée communale. L'ancien Maire a pris la parole dans un seul but, ne pas laisser Philippe PECOUT débattre à propos de "son budget" alors que c'était plutôt le rôle du Maire que d'un conseiller municipal, mais il ne l'a pas assumé.

Une heure et demie de parole ont eu raison de plusieurs conseillers de la majorité qui glissaient de leur sièges, tapottaient sur leur smartphone, se lever pour discuter avec leurs collègues sans que personnes n'interviennent.

En outre, pour courronner le tout, le tout nouveau premier adjoint, également responsable des finances, a complètement disjoncté en hurlant et en agressant l'opposition alors qu'il se félicitait de le faire micro coupé pour éviter de laisser des traces. Personne là non plus n'est intervenu. Difficile de porter le costume de Maire pour Philippe PECOUT. La question "y a-t-il un Maire dans la salle?" méritait d'être posée et je l'ai fait. 

On est très loin, en outre, du comportement respectueux de Mme SOUCHON qui avait élevé la fonction de premier adjointe à un niveau qu'elle n'est pas prête de retrouver durant les 6 prochaines années.

Triste tableau d'une triste liste majoritaire. 

 

Ci-dessous, le texte de mon intervention:

 

Je constate que cette année nous avons évité le copier-coller des informations budgétaires nationales, et que nous avons une très légère analyse de l’effet du contexte national sur le contexte local, qui a cependant le mérite d’exister.

Nous comptons sur vous, pour vous améliorer encore l’année prochaine.

On le savait déjà, l’état continue à se désengager.

En effet, la réduction des concours aux collectivités, s’est très largement accentuée depuis 2012, avec le gouvernement que vous soutenez.

La réduction de l’enveloppe normée est connue depuis plus d’un an déjà, on en avait déjà parlé ici même en mars 2013 pour le dernier débat d’orientation budgétaire.

C’est d’ailleurs pour ça, entre autres, que nous avons parlé d’un plan économie dans notre programme, durant la campagne des municipales.

Les taux de TVA sont en hausse.

Ce qui ne va pas dans le sens des revenus les plus modestes qui vont être encore un peu plus pénalisés.

Et ce n’est pas fini puisqu’on vient d’apprendre qu’il faut trouver 50 milliards d’économie supplémentaires.

C’est ce qu’a annoncé Manuel Valls il y a quelques jours.

Ils devraient venir pour 18 milliards, de l'Etat et de ses agences, 11 milliards, des collectivités locales, nous sommes prévenus, 10 milliards d'euros sur les dépenses de l'assurance-maladie et 11 milliards sur la gestion du système social.

S’attaquer au social, c’est un comble pour un gouvernement socialiste.

Je ne vais pas m’étaler sur le contexte national, mais on se demande comment tout cela va finir, et comment vont s’en sortir les personnes qui ont fait confiance aux hommes politiques, qui sont maintenant aux responsabilités.

Car c’est bien de ça dont il s’agit en premier lieu.

Abordons maintenant le contexte local.

Si je comprends bien, vous allez mener une politique rigoureuse, pour conserver des marges de manœuvre, afin de ne pas pénaliser l’avenir.

Très bien.

Mais il était temps d’en prendre conscience, et on est curieux de le voir par des actes, car vous ne nous y avez pas habitués jusqu’à présent, vu le nombre assez élevé d’employés, pour une ville de presque 6000 habitants.

Mais qu’allez-vous dire alors à tous les gens, à qui votre liste a promis une embauche, et il y en a beaucoup, lors de la campagne électorale ?

Les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent*, n’est-ce pas ?

Je crains que ces gens, pour la plupart des jeunes, ne soient très déçus et qu’ils n’apprécient guère. Nous n’avons pas souhaitez faire ce genre de promesses.

D’autant que les charges de personnel pèsent pour 56% sur les dépenses de fonctionnement, et d’après ce que j’ai cru comprendre, c’est pire pour 2014.

Quand on est rigoureux, on ne dépense pas 70 000 euros pour la biennale des arts, qui n’a pas profité au contribuable Laudunois et Ardoisien.

Quand on est rigoureux, on ne fait pas un emprunt de 580 000 euros, non prévu, sauf en cas de force majeure, sur le budget primitif en cours d’année, comme vous avez fait en 2013.

Comment pouvez-vous vous engagez sur 6 ans, alors que vous ne pouvez pas prévoir une politique budgétaire annuelle.

C’est mission impossible.

J’en profite d’ailleurs pour rappeler, à ceux qui forment votre majorité municipale, et qui en doutent encore, que la dette est encore à 10 millions d’euros, et ils peuvent le vérifier dans le compte administratif 2013, que nous avons voté il y a quelques minutes.

Nous n’avons malheureusement rien inventé. J’aurais préféré croyez moi.

Quant aux 24% d’augmentation des taxes locales sur les 6 dernières années, que j’ai annoncés pendant la campagne, ils ne concernent que la part communale, car l’augmentation réelle, est forcément bien plus importante sur la même période pour le contribuable.

Je vous laisse faire le calcul.

Vous souhaitez désendetter la commune.

Ok.

Mais ce n’est pas ce que vous avez fait jusqu’à présent.

Votre majorité dit depuis longtemps, à qui veut bien l’entendre, qu’il faut emprunter pour investir, car nous ne dégageons pas suffisamment de marge, dans le budget de fonctionnement.

Par ailleurs, nous avons des charges de personnel, qui pèsent de plus en plus sur ce budget de fonctionnement, ce qui va avoir pour conséquences, de dégager encore moins de marge pour investir.

On peut en conclure, que votre politique budgétaire n’est pas bonne, et ce n’est pas comme ça que vous allez tenir vos promesses électorales, d’une part, en engageant les dépenses que ça nécessite, et d’autre part, en voulant réduire l’endettement, sauf en piochant encore une fois, dans le porte-monnaie des habitants dans les années à venir.

Ceci étant dit, les taux d’imposition sont stables cette année, mais les bases prévisionnelles d’imposition sont en hausse de 1%.

Le contribuable va donc constater, que ses impôts vont encore augmenter, même si les taux sont stables.

Pourquoi ne pas réduire ces taux, afin de stabiliser a minima l’effort fiscal fait par les Ardoisiens et les Laudunois, qui subissent les multiples plans de rigueur du gouvernement que vous soutenez, dont le plan Valls à 50 milliards d’euros, que j’ai évoqué tout à l’heure?

Vous souhaitez mener une politique d’investissement, dans des projets qui préservent la qualité de vie.

OK.

Mais faites en sorte, que ces projets soient utiles aux habitants et dans les moyens financiers de la commune.

C’est important pour eux, et pour le budget de la commune.

On a vécu malheureusement, quelques mauvaises expériences à Laudun-l’Ardoise.

Enfin, le financement de la réforme des rythmes scolaires est un problème pour notre commune, même si le fond d’amorçage est maintenu pour la rentrée 2014, mais on ne vous a pas entendu pendant la campagne électorale sur ce sujet.

Qui ne dit mot consent.

Et ce n’est pas de l’utilité de cette réforme dont je parle mais bien du financement.

Votre appartenance politique vous oblige peut-être à ne pas trop alerter sur ce sujet.

En conclusion, je souhaite vous mettre en garde, afin de rompre avec la politique menée par votre prédécesseur, qui vous a fait perdre un nombre conséquent de voix, depuis les élections de 2008.

Mon équipe et moi, avons maintenant presque la moitié de la commune derrière nous.

Ce qui veut dire que vous ne pouvez plus, ne pas tenir compte de notre avis.

Par conséquent, si vous le souhaitez, et je le dis de façon sincère, nous pouvons travailler avec vous, à une seule condition, c’est que ce soit toujours dans l’intérêt des habitants de notre commune et non pas pour des intérêts politiques et électoralistes.

Je vous remercie.

 

*Henri Queuille (homme politique dans les années 50) dira également : « La politique n'est pas l'art de résoudre les problèmes, mais de faire taire ceux qui les posent. »

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